Cette synthèse présente une sélection des décisions clés rendues par le Conseil d’État entre le 1er et le 15 novembre 2025. Elle met en lumière l’évolution de la jurisprudence en matière de contentieux administratif, l’impact sur la règlementation et les prérogatives des autorités publiques. Je vous guide, pas à pas, pour comprendre les implications pratiques pour les victimes, les praticiens et l’administration.
Synthèse des décisions clés et portée juridique
Dans cette période, le Conseil d’État a rendu plusieurs avis et arrêts qui clarifient des points sensibles du droit public. Parmi eux, on note des précisions sur l’irrecevabilité des recours portant sur l’abrogation d’un refus de titre de séjour, la date de référence pour l’appréciation des liens affectifs en matière de réparation du dommage corporel, et des directives fiscales sur l’imputation des déficits reportés.
Décisions à retenir et effets pratiques
Les décisions suivantes modifient les pratiques administratives et judiciaires, tant pour les agents publics que pour les justiciables.
- Étrangers et titres de séjour : une demande tendant à l’abrogation d’un refus de délivrance d’un titre de séjour ne peut être entendue en excès de pouvoir lorsque le refus produit immédiatement ses effets.
- Réparation du dommage corporel : les proches qui demandent indemnisation doivent justifier de liens affectifs établis à la date de consolidation du dommage ; le juge apprécie la nature et la durée de ces liens.
- Fiscalité et déficits reportés : l’imputation des déficits se fait par ordre chronologique, ce qui limite le pouvoir de rectification de l’administration une fois des exercices prescrits.
- Urbanisme et certificats : un certificat d’urbanisme doit indiquer la possibilité d’un sursis à statuer, sans anticiper l’application de règles futures lors de l’élaboration d’un PLU.
Ces points exigent des ajustements concrets dans la conduite des dossiers administratifs et contentieux.
Analyse détaillée des thématiques : étrangers, fiscalité, environnement
Je propose ici une lecture thématique pour faciliter l’usage opérationnel de ces arrêts par les avocats, agents publics et victimes.
Etrangers et procédure administrative
Le Conseil d’État rappelle que l’efficacité d’une décision administrative (ici un refus de titre de séjour) peut rendre sans objet certains recours visant son abrogation. Cela influe sur les stratégies contentieuses : mieux vaut articuler des moyens visant l’annulation pour excès de pouvoir avant que le refus ne produise ses effets.
Pour approfondir les enjeux liés à la digitalisation des procédures et aux réformes, consultez des analyses sur les outils réglementaires récents, qui influent désormais sur la trame des décisions administratives.
Insight final : anticiper la production d’effets d’une décision est crucial pour la recevabilité des recours.
Fiscalité : limites du contrôle de l’administration
La jurisprudence confirmant l’imputation chronologique des déficits protège les contribuables lorsque des exercices sont prescrits. En pratique, cela signifie qu’une entreprise dont le déficit antérieur a été réputé imputé sur des exercices prescrits voit limiter le pouvoir de rectification de l’administration.
Pour mieux comprendre l’impact technique de ces règles dans les dossiers de réparation, la numérisation des préjudices et des pièces joue un rôle croissant ; voir notamment les retours d’expérience sur la numérisation des préjudices.
Insight final : la preuve documentaire et la chronologie comptable deviennent déterminantes.
Contentieux administratif : prérogatives, responsabilité et procédures
La période étudiée contient des arrêts qui précisent les conditions d’action des associations, la régularité des procédures disciplinaires et des modalités de contestation des décisions administratives. Ces précisions influencent directement la pratique contentieuse.
Responsabilité et préjudice des proches
La notion de préjudice des proches a été resserrée : il faut démontrer l’existence de liens affectifs établis à la date de consolidation. Un cas concret : Sophie, aidante d’un accidenté, a vu sa demande rejetée faute de preuves contemporaines des liens au moment de la consolidation. L’arrêt incite donc à constituer des éléments précis et datés.
Insight final : la preuve des liens affectifs à la date de consolidation est désormais un critère décisif.
Associations, marchés publics et environnement
Une association de protection de l’environnement a été privée de qualité pour agir contre le choix d’un exploitant d’un parc éolien après procédure de dialogue concurrentiel. Cette décision rappelle la nécessité d’un intérêt à agir strictement démontré pour contester des procédures de passation.
Pour situer ce changement dans la transformation des pratiques, l’article sur les anomalies de preuve en justice offre des pistes sur la façon de consolider des recours environnementaux.
Insight final : l’intérêt à agir doit être documenté dès le départ pour espérer succès en contentieux administratif.
Tableau récapitulatif des décisions sélectionnées
Ce tableau synthétise les décisions majeures, leur numéro, leur thématique et leur portée pratique.
| Date | Numéro | Thématique | Portée pratique |
|---|---|---|---|
| 6 novembre 2025 | n° 491346 | Logement | Exclusion d’une personne majeure irrégulière du calcul de l’indemnité de relogement. |
| 7 novembre 2025 | n° 495857 | Environnement | Qualité pour agir des associations limitée contre les décisions d’attribution d’exploitation. |
| 13 novembre 2025 | n° 497496 | Armées | Différé de l’action en remboursement quand l’ancien militaire occupe un emploi public permanent. |
| 14 novembre 2025 | n° 493824 | Fiscalité | Imputation chronologique des déficits et protection contre la rectification pour exercices prescrits. |
Recommandations pratiques pour les acteurs du droit public
Pour les avocats et agents publics, plusieurs adaptations s’imposent : documentation anticipée des liens ou intérêts, maîtrise de la chronologie comptable et vigilance sur la recevabilité des recours.
- Constituer des preuves datées pour les demandes d’indemnisation des proches.
- Vérifier l’effet immédiat des décisions administratives avant d’engager un recours en abrogation.
- Organiser les dossiers fiscaux en fonction de l’ordre chronologique des déficits pour limiter les risques de redressement.
- Documenter l’intérêt à agir des associations avant toute contestation de marchés publics.
Insight final : une stratégie de preuve et de calendrier est la clé pour convertir la jurisprudence en succès contentieux.
Pour approfondir la réflexion sur l’impact des nouveaux outils et algorithmes dans la prise de décision judiciaire, consultez mon dossier sur le nouvel algorithme de décision judiciaire et les conséquences pratiques de la digitalisation.
Quelles décisions du Conseil d’État ont le plus d’impact sur l’action des associations environnementales ?
Le Conseil d’État a restreint la qualité pour agir des associations dans certains cas, notamment après des procédures de mise en concurrence. Il faut désormais prouver un intérêt direct et précis avant de saisir le juge.
Comment la jurisprudence de novembre 2025 protège-t-elle les contribuables concernant les déficits reportés ?
La Cour a rappelé que les déficits sont imputés selon l’ordre chronologique et que, lorsqu’un déficit est réputé imputé sur des exercices prescrits, l’administration ne peut plus en contester l’existence ou le montant.
Quelle preuve est nécessaire pour qu’un proche obtienne réparation pour préjudice affectif ?
Le proche doit démontrer l’existence de liens affectifs étroits à la date de consolidation du dommage ; la nature et la durée de ces liens seront prises en compte par le juge.
Que faire si une décision refuse le renouvellement d’une carte de séjour ?
Il faut vérifier si le refus produit immédiatement ses effets et, en fonction, privilégier des moyens d’annulation ou de contestation appropriés. La stratégie dépendra aussi de l’existence d’engagements au respect des principes républicains.

